Mettre de la couleur dans la vie mène (encore) en prison

smt crew

D’un côté nous avons ces « street artists » adulés par les médias et les marques de luxe qui mettent en avant leur côté rebelle. De l’autre nous avons les graffiti artists, garants de la liberté de notre culture. Au milieu des juges. Au final des ersatz de graffitis dans des galeries, des artistes libres qui se voient condamnés à de la prison ferme, et tout cela se passe en Angleterre qui, depuis le cas VAMP qui avait été condamné à 3 ans de prison ferme pour ses oeuvres, continue sa lutte contre ce qui semble être une priorité pour assurer la sécurité du monde occidental…
Alors oui, sous certaines formes le graff est illégal et autant nous que ses auteurs en sont conscients, mais de la prison ferme, sérieusement ? Pour de la peinture sur des trains ? Mais visiblement cela ne choque que nous, certains médias (qui pourtant sont fans de « street art » dans leurs colonnes tendance) n’hésitent par à présenter les graffiti artistes comme faisant partie d’organisation mafieuse fomentant des complots pour sévir.
Des propos qui semble parfaitement servir le juge chargé de l’affaire qui déclarait avant son délibéré que « Ces actes de vandalisme ont été commis uniquement pour prouver à ceux qui partagent votre mode de vie que vous en étiez capable, sans aucun égard pour une audience plus large, alors qu’il existe des endroits dédiés pour du street art de qualité. Ce genre de graffiti contribue à un état d’esprit de non-droit, ce qui est tout simplement inacceptable. Ce crime est d’autant plus grave, qu’il est planifié et organisé, un complot de grande envergure effectué pour votre propre satisfaction. Chacun d’entre vous savait que la conspiration dépassait ses actes individuels. À mon avis, ces infractions doivent obligatoirement conduire la plupart d’entre vous immédiatement en détention. »

Un délibéré qui a lourdement frappé les membres du célèbre crew anglais SMT puisque 5 de ses membres viennent d’être condamné à de la prison ferme à la suite de 3 ans d’enquête portant sur 130 graffs sur des trains et dont les coûts sont estimés, par les entreprises ferroviaires privées, à 340 000 £. Alors oui, ça fait une somme, mais de là à faire de la prison ferme… mais voilà, comme le dit ce juge on a ici à faire à un complot et surtout qu’il y a des endroits dédiés pour le street art de qualité, loin de la rue, bien au chaud dans des galeries ou des publicités pour de la haute horlogerie par exemple…

Et visiblement tout ceci n’est pas près de changer quand on lit les déclarations encore plus hallucinantes de Tony McGibbon officier chargé de l’enquête. « Nos efforts assidus ont payé, je suis heureux que chacun des condamnés soit derrière les barreaux. J’espère que cette condamnation envoie un message clair. Nous ne tolérons pas cette forme de criminalité. Le public peut évidemment contribuer à lutter contre ce fléau. Si vous remarquez un comportement suspect, n’hésitez pas à nous le signaler discrètement par texto. Nous continuons à travailler pour détruire l’activité de ces gangs, on fera tout ce qui est en notre pouvoir pour les traduire devant les tribunaux. » Petit appel à la délation discrète pour mettre fin à ce fléau et surtout à l’activité de ces gangs.
On ne serait pas étonné d’apprendre que ce cher Monsieur McGibbon enferme ses enfants à la cave pendant 3 jours s’il leur arrivait de dessiner sur le mur du salon…

Les verdicts :
Dominic Leach, 14 mois de prison ferme.
Niall Leach, 12 mois de prison ferme.
Jake Goddard, 8 mois de prison avec sursis, mise à l’épreuve de 2 ans, 150 heures de travaux d’intérêt général.
Judah Hannaway, 12 mois sous surveillance électronique, 150 heures de travaux d’intérêt général.
Christopher Thomas, 13 mois de prison ferme.
Kieron Cummings, 16 mois de prison ferme.
Blake Feather, 12 mois de prison ferme.

sources:
manchester evening news
mirror.co.uk

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