L’interview de Georgio

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C’est en début d’année que nous avons pu discuter avec Georgio de son dernier album, et alors qu’il viendra le défendre sur scène jeudi soir aux Docks de Lausanne, repreZent vous invite à lire ce qu’il avait à nous dire avant d’aller l’écouter.

C’est par les traditionnels voeux de bonne année qu’a débutés notre interview, suivi d’un aparté sur le bonheur qui nous amène à nous demander si la recherche de l’inspiration et celle du bonheur ne serait pas liée, à savoir que c’est quand elle n’est pas là qu’on la cherche…
Je pense que c’est quand même un peu différent, je cherche l’inspiration tous les soirs, parfois ça vient, parfois il ne se passe rien, l’inspiration ne prévient pas quand elle arrive.

Mais du coup, est-ce que tu as un truc pour la provoquer, une sorte de recette ?
Je n’ai pas vraiment de truc, je suis toujours en recherche, quand je marche dans la rue, à chaque instant en fait je pense à ce que je pourrais écrire. Après j’écris essentiellement le soir quand je suis chez moi, ou très tôt le matin. J’aime bien être tout seul, chez moi pour écrire.

Et tu fais plutôt ça en silence ou la musique est déjà présente dans l’écriture ?
Toujours en musique, ça me permet d’avoir des repères dans mon écriture, de développer les flows, les rimes. C’est pas forcément déjà le son qui viendra habiller le texte, ça peut être une boucle de piano toute simple, un beat. Pour mon album on est parti du texte pour faire les instrus, aucun texte n’a été écrit sur une prod de l’album.

Ça s’entend, on est un peu comme dans un film sur ton album où la musique vient parfaitement habiller l’histoire.
C’est exactement ce qu’on a cherché à faire, on est parti sur les textes et on a cherché à retranscrire les émotions qu’ils généraient pour composer la musique, des ambiances, si c’est plus un morceau de nuit, de jour, etc.

Ces ambiances justement, c’est un peu ce qui caractérise ton album, tu nous projettes dans ton univers.
C’est important pour moi que la musique et mes textes se marient, que ça corresponde à ce que je ressens, de ce que j’avais en tête lorsque j’écrivais. Travailler avec un réalisateur m’a permis d’aller plus loin encore dans cette démarche, je voulais qu’il y ait un fil conducteur tout au long de mon album, que ça raconte comme une histoire même si ça reste un peu vague parfois. Pour moi c’est tout le complexe de faire un album, de faire des morceaux différents qui doivent quand même rester cohérents, qu’il y ait un sens, un univers global.

On pourrait presque parler d’un recueil de nouvelles en musique du coup…
Pas forcément des nouvelles parce qu’une nouvelle raconte une histoire bien précise alors que sur certains morceaux il n’y a pas vraiment d’histoire, ça raconte uniquement des sentiments, des états d’âme, des envies, des pensées.

Ça ne raconte peut-être pas d’histoire, mais ça nous interroge quand même, ça ne laisse pas indifférent. Ça correspond bien à cette nouvelle vague de rap français, ce renouveau. Est-ce que tu es d’accord si l’on parle de renouveau du rap français ?
Totalement, je pense qu’on est en train de revivre un nouvel âge d’or du rap, que ce soit américain ou francophone.

C’est aussi dû à toutes ces barrières qui ont explosé, il y a 15 ans c’était inimaginable de sortir un album de rap tel que le tien par exemple.
Ça sort des codes basiques du rap c’est clair et net. J’ai beaucoup travaillé avec des vrais instruments, il y a des refrains qui sont très pop. On a mélangé beaucoup d’influences, on est loin des codes du rap de base d’avant c’est certain. Mais faut pas oublier non plus que le rap c’est une musique qui évolue constamment.

Le rap évolue, mais toi, est-ce que tu aurais pu écrire sans le rap ?
Aujourd’hui je pourrais écrire sans la musique, mais sans la musique je ne sais pas si je serais venu à l’écriture. C’est le rap qui m’a donné envie d’écrire. Ma passion première, ce qui me fait vibrer c’est la musique donc même si un jour je m’aventure sur d’autres chemins, d’un projet, d’une création, etc. il y aura toujours la musique dans ma vie.

Le 2 mars tu seras en live aux Docks de Lausanne, comment tu prévois de mettre en scène cet album. Il est très bien réalisé sur disque, mais qu’est-ce qui va se passer en live ?
Le live se fera essentiellement avec des machines, synthé. C’est un album qui j’ai énormément envie de faire vivre sur scène. On aura une belle scène avec un décor, on a travaillé les lumières morceau par morceau. On a beaucoup travaillé tout ça, mais il faut aussi laisser une place à l’improvisation dans le live.

On a également demandé à Georgio ce qu’il écoutait en dehors du rap, de nous conseiller un album à prendre avec nous sur une île déserte. Il nous propose « An Awesome Wave » du groupe Alt J, et parce que l’écriture c’est aussi de la lecture « Le Maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov.

Infos et billets pour le concert du 2 mars aux Docks ici.

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