dj Premier fait le diagnostic du rap d’aujourd’hui

primo

dj Premier garde rarement sa langue dans sa poche, alors quand il parle de l’état du rap actuel il n’y va pas par quatre chemins « Je le dis tout le temps : Big L, Pun et Biggie, si ces trois étaient encore en vie ils auraient placé la barre tellement haute que tous ces artistes qui ne disent que des trucs insensés n’auraient pas pu apparaître ». Dans sa discussion avec Pigeons & Planes il revient aussi sur les rappeurs qui se font leur pub en clashant les autres, sous-entendant qu’ils n’osent pas affronter les meilleurs « Jay, Eminem c’est la même chose. Si vous essayez de les attaquer, ils vont sortir de nulle part tel un serpent et vous détruire ». Les radios en prennent aussi pour leur compte « J‘ai un show sur Sirius XM. Je ne joue rien d’autre que des bangers qui font renaître ce qu’étaient les années 80 quand Red Alert, Marley Marl & Mr Magic, Chuck Chillout, Awesome Two, Hank Love & DNA étaient sur les ondes. C’est la même chose que ce qu’ils faisaient sauf qu’en 2016 il y a tellement de morceaux qui sortent de partout. Malheureusement sur les radios le discours est que si le son n’est pas jugé assez commercialisable il ne sera pas joué. Les radios d’ici s’arrogent le label “home of Hip-hop”, mais ne paient pas leur tribut au Hiphop. Plus personne ne propose des vrais lives avec mixs, il ne reste plus que Flex qui fait le job ». Pour Primo tout réside dans le fait que les mcs et les djs veulent absolument entrer dans le moule « le problème avec les icônes du rap de New York est qu’ils veulent à tout prix touché les jeunes et pour ça ils adoptent des styles qui ne sont pas les leurs et en plus ils le font mal. Je n’ai pas de problème à sortir un album de Trap, je peux le faire les yeux fermés. Mais si tu en fais un alors, fais-en un qui mette tout le monde d’accord, pas un truc dégueulasse. »
Malgré tout cela, dj Premier reste très attentif à tout ce qui se fait, même s’il avoue n’avoir plus l’âge pour certains trucs : « C’est vrai que ceux qui achètent le plus sont les jeunes, mais on oublie un peu vite que les adultes aussi consomment de la musique. Je n’ai pas d’intérêt à écouter du “kiddie rap” parce qu’il est fait pour les ados, mais je vais quand même écouter ce qu’ils font pour savoir ce qui se passe. Je veux savoir tout ce que les jeunes font, car ils appartiennent à la même culture que moi. »

L’intégral de l’interview en v.o ci-dessous :

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